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Compte-rendu, rencontres Marseille 6-8 décembre 2009, Les Spectateurs

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Partenaires européens présents :

- Associación Finmatun  (Esp): Rita Stivala (productrice), José Gonzalez Morandi (réalisateur)

- TRANSFormas (Esp): Thomas Louvat (coordinateur, metteur en scène)

- Cooperative sociale e.s.t.i.a. (It.) : Michelina Capato (coordinatrice, metteur en scène), Gabriele Raimondi (réalisateur)

- Unter Wasser Fliegen (All.) : Kordula Lobeck de Fabris (coordinatrice, directrice artistique), Andreas Passon (réalisateur)

- Westerdals School of Communication (Nor.): Morten Thomte (coordinateur, enseignant réalisateur), Rodrigo Stoicheff (enseignant, réalisateur)

 

Partenaires au sein de l’INA:

- Mireille Maurice, Déléguée régionale INA Méditerranée

- Marie-Christine Hélias-Sarre, Chef documentaliste

 

Partenaire au sein de Marseille-Provence 2013 :

Nathalie Cabrera, Chargée de mission pour la coordination des actions de participation citoyenne

 

Partenaires au sein de Système Friche Théâtre :

- Philippe Foulquié, Directeur

- Béatrice Simonet, Secrétaire générale

- Matthieu Colotte, Secrétaire général adjoint

 

Partenaires au sein de l’Administration pénitentiaire :

- M. Patrick Mounaud, Directeur Interrégional des Services Pénitentiaires

- Mme Florence Gagneux, représentant le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation

- M. Thierry Alvès, Directeur du Centre pénitentiaire de Marseille

- M. Jean-Paul Gagneux, Directeur du centre pour peines aménagées, Centre pénitentiaire de Marseille

 

Ateliers de Formation et d’Expression Audiovisuelles au Centre pénitentiaire de Marseille :

Les 8 personnes détenues stagiaires des Ateliers ont également participés à ces rencontres.

 

Equipe de Lieux Fictifs :

- Caroline Caccavale, Coordinatrice du projet « Frontières, dedans-dehors », réalisateur

- Clément Dorival, Coordinateur du projet « Les Spectateurs », réalisateur

- Jean-Pierre Cellard, Directeur de production

- Sophie Dominique, Chargée de communication, assistante de direction

- Leïla Delannoy, Etudiante

- Pierre Poncelet, Assistant réalisateur

- Kannan Thirunavukkarasu, Monteur

- Franck Vernet, Administrateur

 

Réunion du 06/12/09 - Le corpus d'archives


Cette première réunion avait pour objectif de permettre une discussion autour du corpus commun d’archives. En effet, il semblait nécessaire de faire une mise au point avant la réunion avec l’INA du lendemain. La réunion devait fixer des thèmes que l’ensemble des partenaires voudraient travailler et permettre à tous d’exposer son avancée dans le travail sur l’archive et d’exprimer son ressenti et ses difficultés face à ce travail.

 

La réunion a cependant beaucoup tourné autour des « règles du jeu » de ce travail de création à partir de l’archive. Pour certains (Espagne), une crainte de rigidité du dispositif est évoquée. Il est rappelé par Lieux Fictifs que tous les partenaires ont validé le projet qu’ils ont ou qu’ils vont entamer et il est rappelé que ces « règles » sont simplement la traduction du cadre du projet que les partenaires financiers ont accepté de soutenir (Marseille Provence 2013 ainsi que l’INA et Culture et Coopération si soutien).

Cette crainte a révélé les incompréhensions qui peuvent apparaître entre les partenaires et la nécessité de prendre le temps de ne pas laisser des questions sans réponse. Même si une règle commune et un concept précis sont posés au départ, il est proposé à chacun de s’y confronter, de l’interroger à sa manière, tout en respectant la règle de départ.

 

La définition des processus de travail, des « work in progress », appartient bien sûr à chaque partenaire (certain comme l’Espagne proposent de travailler la relation acteur/archives comme processus d’appropriation), qui est libre d’inventer une manière de travailler l’archive, de s’approprier ce projet de création. En revanche, cette réunion rappelle qu’en dehors des « work in progress », les films issus de cette expérience artistique (œuvres finales) doivent être fondamentalement constitués par des images d’archives, ce qui implique d’inventer aussi des façons de transgresser, de jouer, de travailler la contrainte, par le son, le montage, le détournement, et le moment venu, par la conception collective d’une scénographie liée à la diffusion des œuvres.

 

Cette réunion, malgré les différents doutes et craintes exprimés, pose la première étape du projet et nomme la complexité (liée aux attentes, désirs, nécessités, compréhensions de chacun dans un projet commun) : le choix collectif d’images d’archives afin de constituer un corpus qui servira de matière pour chacun des partenaires du projet avec leurs groupes de travail.

 

Les thèmes retenus :

Les murs du monde (« mauvais » murs et « beaux » murs)

Les premiers pas sur la lune : images de la lune

Les chiens en laisse

 

Pour les délais, rappelant qu’il s’agit d’un projet collectif et qu’il faut aussi travailler en fonction du calendrier de chacun, la première commande d’images devra intervenir en janvier pour obtenir les images la première semaine de février (pour le démarrage du travail en Norvège).

 

 

Réunion le 07/12/09 - INA


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- Natacha Cyrulnik, qui va mener un atelier avec un groupe de primo-arrivants

- Dominique Comtat, qui va mener un atelier avec des étudiants de l’Ecole du paysage (absent mais évoqué)

- Les Instants Vidéo, représentés par Naïk Msili, qui s’associent à Lieux Fictifs sur ce projet et vont développer d’ici 2013 des ateliers en Méditerranée, avec des partenaires de leur réseau (en Egypte, Palestine ou Turquie).

 

 

Pour reprendre rapidement l’historique de la collaboration entre l’INA et Lieux Fictifs, elle dure depuis déjà 3 ans. A l’origine, il s’agissait de faire un travail à partir des images d’archives dans le cadre des ateliers de création cinématographique aux Baumettes. Il a donc fallu inventer un partenariat, puisque cela n’existait pas jusque là. Le partenariat autorise alors un réalisateur désigné pour une saison, à choisir à l’INA un corpus d’images d’archives et ensuite mener un travail dans les ateliers avec les personnes détenues.

En revanche, lorsque l’œuvre est destinée à l’extérieur, le partenariat se transforme en convention de coproduction. Les diffusions se font a priori dans des circuits très spécifiques : culturels, scientifiques, institutionnels, etc. Si la production se fait dans une exploitation commerciale, il s’agit alors d’une convention classique de coproduction.

 

L’INA mène également un autre type de collaboration avec des personnes incarcérées dans plusieurs centres pénitentiaires : il s’agit de la restauration d’archives, sonores pour l’essentiel (fonctionne sous forme de marché). Pour l’INA, cette collaboration devient une tradition assez ancienne puisque depuis qu’elle est conduite depuis 15 ans environ. Trois prisons sont « prestataires » de l’INA, avec un équipement spécifique pour la restauration mais aussi la formation des personnes incarcérées.

 

Dans ce projet spécifique qu’est Frontières dedans-dehors, l’INA a imaginé d’élargir le modèle établi avec Lieux Fictifs depuis 3 ans, cette fois-ci dans le cadre européen et d’aider si nécessaires à inciter les diffuseurs publics des pays partenaires à en faire de même. Pour cette action, l’INA a donc besoin de connaître les différentes volontés des partenaires du projet dans l’idée de créer des liens avec les services d’archives des télévisions publiques de leur pays.

 

 

Plusieurs questions sont posées à l’INA dans le cadre de cette réunion :

  1. Comment l’INA peut nous aider à chercher dans toutes ces ressources ?
  2. Par année, quel est le volume horaire qu’il est possible d’avancer ?
  3. Quels sont les délais choix du corpus/ restitution des images par l’INA ?
  4. Peut-il y avoir deux temps dans l’année pour permettre enrichissement ?

 

L’INA reprend quelques éléments de son fonctionnement et surtout du fonctionnement de son site Inamédiapro. Le site permet d’accéder à un grand nombre d’archives puisque 70% du fond de l’INA est numérisé. Le site propose des modalités de recherche pratique, notamment par thématique.

 

Selon les types de documents, leur disponibilité est plus ou moins facile en termes juridiques. Pour les « news », il n’y a pas de problème. En revanche, pour les sujets de production (comédiens, artistes interprètes, concert, orchestre et a fortiori étranger), il faut prendre en compte un temps de la libération des droits, c’est à dire une expertise juridique menée par un service spécifique de l’INA. Cette démarche peut aboutir à une non accessibilité des documents. Tous les documents demandés ne pourront donc peut-être pas être fournis. Les documents qui peuvent poser ce genre de difficultés sont néanmoins assez facilement repérables (quand musiciens, comédiens, artistes…). Si un document semble néanmoins nécessaire et qu’il nécessite cette phase juridique, il faudra prêter une attention toute particulière aux délais.

 

 

 

L’INA propose de donner les premiers documents avec TC apparent à l’image, afin de contrôler leur utilisation. Lieux Fictifs s’interroge sur cette étape qui risque d’alourdir un processus de travail déjà très complexe. 

Pour faciliter la passation des commandes auprès de l’INA, Lieux Fictifs centralise les demandes des partenaires pour la constitution d’un corpus commun. Il ne faut pas dépasser les commandes de plus de 20 documents pour que l’INA ait le temps de les traiter et de les fournir dans un délai de 15 jours.

Un document est un sujet d’archive avec un titre propre et une date : une référence (il peut y avoir plusieurs extraits dans un document mais ça ne compte que pour un document dans la commande). Pour faciliter les commandes, c’est le numéro de la notice qu’il faut noter.

Un total de 20 heures d’archives est posé pour une année.

 

L’INA nous fait une démonstration de recherche sur son site. Plusieurs questions sont abordées. La constitution d’une notice mise en ligne sur le blog sera établie dans peu de temps pour faciliter les recherches de tous. Par ailleurs, les contributions de chacun seront les bienvenues afin de partager les différentes astuces et techniques de recherche.

 

Le panier sur le site de l’INA permet un espace commun de travail sur la recherche d’archives et la constitution d’un corpus, avec une arborescence claire qui détaille les recherches par pays et par thème.

 

La première commande sert de test pour la façon de travailler et voir le rythme auquel les commandes peuvent être passées.

 

La première commande doit être passée début janvier pour être obtenue fin janvier et l’avoir en février comme prévu, pour que ça colle avec l’agenda d’Oslo. Le choix des documents doit donc être fait avant fin décembre.

 

 

 

Allemagne : Essen Capitale européenne de la culture 2010 : organisation d’une conférence. INA invité et contact avec télévisions allemandes. Voir dates à préciser, probablement septembre 2010

 

Barcelone : Festival Reus de film d’archives au mois de novembre 2010. Occasion pour inviter l’INA, être présent sur le festival et organiser un lien avec la télévision de la Catalogne et télévision espagnole, organiser série de rencontres et bien sûr lien avec l’Administration Pénitentiaire. (dates précises à déterminer)

 

Milan : télévision italienne de Rome, contact avec ancien directeur de la télévision de recherche de Turin. Voir avec l’INA s’il y a la possibilité d’avoir un rapport plus direct notamment avec la Rai. Ouvrir possibilité dans la logique de la coopérative sociale d’engager la mise en place du travail de restauration d’archives par les détenus.

INA : Procédure compliquée pour la Rai pour entrer dans des projets européens.

 

Avril 2011 : Festival (qui a lieu chaque année) l’INA sera invité.

 

Oslo : juin 2011 : conférence sur l’état d’avancement du projet Frontières et donc faire venir des gens pour la réflexion sur le travail de l’archive, INA invité. Rencontre à l’automne 2010 pour que le projet serve de levier pour favoriser l’accès du public à l’archive, assez restreint en Norvège. Si INA peut jouer un rôle de relais avec les structures norvégiennes similaires (remarque de l’INA : pour convaincre les gens en Norvège il vaut mieux avoir déjà des choses à montrer). Proposition finale de la Norvège pour la venue de l’INA : juin 2011 ou automne 2010 ?

 

Contractualisation : deux temps                                                                           

1. Lieux fictifs va faire une convention avec l'INA, qui intégre tous les partenaires pour le principe de circulation des archives (convention d'action culturelle).

et chaque partenaire signe une convention de développement du projet « ateliers des spectateurs » incluant la mise à disposition d’archives et l’accompagnement du projet.

2. Convention de coproduction entre Lieux Fictifs et l’INA pour la cession de droits des archives choisies dans œuvres définitives qui seront diffusées. Conventions de coproduction entre Lieux Fictifs, producteur délégué et chaque partenaire coproducteur pour les films diffusés (Lieux Fictifs ici : producteur délégué)

 

Ces conventions feront l’objet d’une réunion pour une mise au point sur les droits.

 

La communication autour du projet doit aussi faire l’objet d’un certain nombre de règles, comprises dans la contractualisation.

 

Remarque : Rassembler les logos obligatoires de tous les partenaires et faire un document de travail commun.

 

Rappelons pour finir qu’il s’agit d’une expérimentation à la fois artistique et institutionnelle.

 

Réunion 07/12/09 - Administration pénitentiaire


Introduction de Monsieur Mounaud, directeur interrégional des services pénitentiaires

 

Les différents temps d’échanges communs, opérateurs culturels et institutions :

 

I. Les rencontres sur l’éducation en prison organisée par l’Europe (Bruxelles) à Budapest en février 2010. Seront présent ESTIA pour l’Italie (coordinateur du partenariat éducatif « Théâtre et éducation ») et Lieux Fictifs pour la France (coordinateur du projet « Education et création audiovisuelle »). On ne sait pas encore pour l’Espagne et l’Allemagne. Il est en question pour l’Agence centrale Education et Formation tout au long de la vie (à Bruxelles) d’inviter les administrations pénitentiaires des différents pays.

 

II. Essen 2010, capitale de la Culture. L’objectif pour Unter Wasser Fliegen est, dans ce cadre là, d’organiser une exposition dans une ancienne prison désaffectée de réfugiés.

Quatre niveaux avec une trentaine de cellules peuvent être investies comme lieu d’exposition : photos, peinture, vidéo, multimédia, bibliothèque, du 2 mai à fin septembre. Ce sera un lieu de réflexion, d’exposition, d’information aussi. Une fois par mois, il y aura un week-end ou trois jours pendant lesquels il y a des évènements (pièce de théâtre, spectacle, projections, etc.), et les directeurs des prisons peuvent organiser des sorties spéciales pour les personnes détenues puisque la prison désaffectée offre encore les conditions de sécurité. Les collaborations et les œuvres présentées par les partenaires européens doivent être à Essen en mai 2010.

En Allemagne, Kordula souligne qu’il y a un mouvement pour installer la culture dans un espace propre et non pas dans le domaine de l’éducation et des loisirs et aussi inscrire l’éducation non formelle dans l’expérience artistique, dans la culture. Une table ronde à Düsseldorf est donc prévue, à laquelle il sera important de recevoir les institutions culturelles et pénitentiaires des différents pays partenaires. Pour les dates, qui sont à préciser : 22/23 septembre 2010 ou 24/25 septembre 2010.

 

A cette occasion, il faudrait penser une table ronde de réflexion, séance de travail, sorte d’atelier de réflexion plus « intime » avec les différentes administrations pénitentiaires. De ces temps émaneraient des idées, de pistes qui pourraient ensuite rejoindre une présentation plus officielle, plus ouverte : la table ronde.

 

Donc deux aspects :

  1. Présentation plus officielle

 

III. Marseille juin 2011 : il s’agit d’un premier temps pour préparer 2013, avec l’envie de partager avec le public la question du processus et non pas seulement de présenter des œuvres. La question est donc de confronter les processus de travail, les détenus, les gens de la ville, les artistes, les institutions. Il y aura donc à la fois des diffusions d’œuvres existantes des différents pays partenaires et d’autres pays invités, les « work in progress » seront montrés et des tables rondes restent à être imaginer sur plusieurs thèmes comme l’action culturelle, l’éducation non formelle dans l’expérience artistique, l’archive comme matériel d’éducation artistique, etc.

 

Cet évènement ne doit pas être diffusé seulement dans la ville mais aussi à l’intérieur des prisons de la région.

Pour le dehors, cela concerne surtout la Friche c’est à dire « Système Friche Théâtre ». Lieux Fictifs engage une coproduction avec SFT et Marseille Provence 2013.

 

Pour le dedans, il faut mener une réflexion avec l’AP (DIRSP et SPIP): quelles prisons ça concerne ? Maison centrale Arles, Luynes, Baumettes (hommes et femmes), Tarascon, Draguignan (à 50%), Salon.

Des lieux qui puissent accueillir des spectacles, expositions, projection… donc établir fiche technique sur chaque lieu d’accueil  possible dans les prisons.

Là encore 2011 sera comme une préfiguration de 2013 (monter par palier).

 

Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture, représenté par Nathalie Cabrera, précise cette notion de « palier » et propose l’ouverture de cet évènement à d’autres actions culturelles réalisées en prison. 

 

Que fait-on rentrer dans la prison ?

Comment faire sortir des détenus pour qu’ils soient présents en 2011, parties prenantes dans ces présentations du dehors en 2011 et 2013 ? Aménagement de peine, sorties exceptionnelles, franchissement de frontières, problèmes d’interdiction de territoire… ?

 

Volonté d’impliquer le personnel pénitentiaire et les juges d’application des peines, pour partager une réflexion mais aussi les associer.

Florence Gagneux souligne l’intérêt de conforter le réseau inter-école des écoles d’administration pénitentiaires européennes.


Les points à régler

 

 

Il est important de rappeler que chacun doit sensibiliser ses institutions pénitentiaires et judiciaires sur ces questions.

 

Il est essentiel d’amener ces choses là dès 2011 parce que c’est le moment du partage et de l’échange sur le processus. Bernard Latarjet, directeur de Marseille-Provence 2013, est convaincu qu’il faut aller jusque là. Mais il faut commencer dès maintenant à travailler dans cette direction pour voir quelles seront les limites.

 

!!! Grande précaution : exemple de l’Espagne : quand un détenu sort pour une représentation, au retour, tout est à refaire pour lui au sein de la prison, plus de cellule, plus de travail, tout doit faire l’objet d’une réinscription. Donc il est indispensable de faire un travail au niveau local pour examiner toutes ces questions avant d’engager les démarches pour faire sortir les personnes ponctuellement. Il faut régler les choses par étape. Mais les temps administratifs incompressibles nous obligent à commencer cette démarche dès maintenant.

 

Le projet européen va peut-être permettre de faire avancer ces questions aussi. Il faudra aussi créer des liaisons informelles entre les interlocuteurs institutionnels européens.

 

 

Florence Gagneux s’engage pour sa part à faire des fiches techniques par prison pour le territoire de Marseille-Provence 2013 pour évaluer les possibilités d’accueil des œuvres (spectacles, pièces, projections, etc.) pour 2011.

Question : Comment loger les détenus, quelles sont les disponibilités dans chaque prison ?

Réunion du 08/12/09 - Dans les ateliers aux Baumettes

 


Un accueil était prévu par M. Alvès, Directeur du Centre pénitentiaire de Marseille, malheureusement un contretemps lié à la circulation dense dans Marseille ne nous a pas permis d’être à ce rendez-vous. Monsieur Gagneux, Directeur du Centre pour Peines Aménagées, nous a accueillis en son nom au sein des Ateliers de Formation et d’Expression Audiovisuelle.

 

Les stagiaires détenus font une présentation de leurs travaux sur l’archive. Avant cela, Clément rappelle qu'à cette étape, le travail est en cours. C’est donc pour le groupe aussi l’occasion de le mettre en question collectivement mais c’est aussi une mise en risque qu’il accepte afin de partager le processus de création avec tous les partenaires européens du projet.

 

Clément rappelle le processus mis en œuvre en 2009 avec le groupe. Dans un premier temps, une réflexion collective a été menée pour définir un corpus commun d'archives à partir du thème de la frontière. C'est le mur de Berlin qui a été choisi par le groupe (de sa construction à sa chute). Puis, un visionnage sans son a été organisé. A partir de là, chaque stagiaire a entamé son projet de film, certains partant d'images qui les avaient marqué, d'autres d'un texte qu'ils ont écrit. Pierre, dans le cadre de l'atelier d'éducation à l'image, a nourri les projets en proposant au groupe le visionnage de films en lien aux différents projets. Aujourd'hui, les projets en sont des degrés divers d'avancement : certains sont quasiment aboutis, d'autres sont encore en chantier. 

 

 

Les différents travaux des stagiaires à partir d’images du mur de Berlin :

 

Guy : un film sur le mur de Berlin. Chacun a ses idées, chacun a sa façon de le montrer, chacun sa manière de voir. Au départ, le mur de Berlin ne m'intéressait pas, pour des raisons personnelles et il est même très dur pour moi de pouvoir parler de ce mur. Mais comme il fallait donner mon opinion personnelle sur ce mur, j'ai accepté de travailler cette contrainte et dans l’intérêt collectif du projet de me questionner sur ma posture.

 

Clement à ce propos, rappelle qu’au démarrage de l’atelier du spectateur, ils ont fait un travail de sélection d’images d’archives, de visionnage d’images d’archive sans son : la réaction de Guy a été l’indifférence, mais une indifférence formulée avec beaucoup d'émotions. Donc il lui a proposé de faire un travail avec cette indifférence et relier l’Histoire collective à sa propre histoire. Il a fallu affronter aussi la question de l’oubli, du pardon. Par rapport à la dictature d’émotion autour du mur dans l’actualité, c’était un point de vue intéressant.

 

Ibrahim : Pour moi, ce qui émerge c’est la question du choix : proposition sur le thème du choix (capitalisme- communisme).Le mur de Berlin donnait la possibilité au monde et aux hommes de pouvoir choisir entre deux systèmes politiques, le communisme et le capitalisme. Sa chute a imposé le capitalisme au monde entier. LA chute du mur, pour moi, c'est la fin de la diversité, du choix

 

Dimitri : tout le monde travaille avec les mêmes images et chacun a sa façon différente de traiter, de voir les images. Avec Sacha, ils ont fait le même film avec les mêmes images. : nous sommes des amis d'enfance, on vient du même pays, le Kazakhstan, on est parti en Allemagne ensemble, et aujourd'hui on est en prison ensemble. Mais le travail a porté sur la défense de positions différentes. Pour Dimitri l’événement de la chute du mur a permis de revenir dans son pays d’origine, en Allemagne. Sacha défend une posture lié à son affection pour le régime communiste. Traiter ce thème, pour eux, c’est traiter d’un objet qui a joué un grand rôle dans leur parcours. Même film, même montage, mais des points de vue différents.  Une bande image a donc été travaillée ensemble, mais les textes sont différents. Ils ont aussi fait l’objet d’une écriture croisée, de réécritures en binôme. Les deux textes ont évolué en fonction du travail commun entre Sacha et Dimitri. Les langues utilisées ont été l’Allemand, le Français et le Russe.

 

Lee : dans son film, il développe l'idée qu'il y a des murs partout, que nous sommes tous cernés par des murs, mentalement ou physiquement. Il y a beaucoup de murs dans le cerveau de l’homme d’où la construction des murs dans le monde. Lee ne veut pas de conclusion, il pose juste un questionnement. Clément l’a guidé pour ne pas chercher à conclure mais plutôt à soulever une question. Il voudrait utiliser la langue et la musique chinoises.

 

Youssouf : nous lit le texte qu’il a écrit pour son film. Ici, il réfléchit sur l’idée de parcours, de quartier qui détermine le parcours de la personne, sa construction. Il réfléchit donc sur le territoire d’où l’on vient. (cf. Texte de Youssouf en pièce jointe).

 

Franco : questionnement sur la prison, sur l’enfermement et sur les lieux d’enfermement, les murs, la prison, les quartiers. Il réfléchit sur l’idée de parcours, de quartier qui détermine le parcours de la personne, sa construction. Pourquoi toujours les mêmes jeunes en prison ? donc questionnement sur le poids du déterminisme social, d’où l’on vient.

 

Michel : fait un parallèle avec le texte de Koltes, les frontières acheteur/ vendeur, oui/ non, noir/blanc : la frontière incertaine. Il réfléchit sur l’instant présent, une sorte de présent fugitif, le choix et le bonheur. Texte sur la difficulté de vivre l’instant présent. Il se base sur une image précise, la photo du soldat en train de franchir le mur : le seul instant de bonheur, c’est la photo du soldat. Tant que le soldat est en l’air, il vit un instant fugitif de bonheur. Quand touche le sol, il retombe dans la réalité. Le bonheur, c'est ce moment en l'air, pas avant, ni après.

 

Caroline souligne le fait que les intervenants accompagnent les stagiaires dans un travail d’auteur, pour construire une pensée, une parole, un regard sur le monde. Ces images doivent nous permettre de nous approprier le monde et de porter un regard sur lui, pour que la société dans son ensemble puisse l’entendre. Donc c’est bien un travail d’auteur, non seulement pas d’acteur. L’archive est comme un élément pour analyser l’image, la place de l’image et la construction d’une réflexion plus globale, pas seulement à l’intérieur de la prison, à partager. D’où l’on parle ? Dans quel territoire on s’inscrit ?

 

Visionnage du film de Kamel : le sale art de la peur

Kamel présente son film. Il porte sur la manipulation,le  détournement et le pouvoir. C'est pour lui l'aboutissement de la construction du regard critique.

Archive : mémoire collective mais révèle aussi une mémoire individuelle

Image miroir : qu’est ce que je projette de moi dans cette image ?

 

Différentes réactions dans la salle : Thomas souligne le sentiment paradoxal qui s'est installé en lui face au film : d'un côté l'envie de rire de la manipulation des images, de l'autre. L'émotion face à une histoire assez tragique. Il ne sait plus ce qui est vrai et faux, et il trouve cette tension intéressante. Kordula est un peu choquée du détournement qui est fait de ces images. José souligne que Kamel travaille encore sur le rapport à la vérité. Sa vidéo-lettre portait en effet sur le mensonge.

 

 

Puis Clément propose à chaque partenaire d'expliquer où ils en sont dans le projet « les spectateurs ».

Présentation d’où en sont les Espagnols. Ils ont partagé avec les détenus des questions pour choisir des images d'archives : qu’est ce que la frontière ? qu’est ce qu’un mur ? Le mur comme un obstacle. La construction de la frontière comme quelque chose de nécessaire. Travail sur l’idée de territoire, délimitation d’un territoire. Invasion du territoire. Donc ces questionnements amènent une autre question : celle de la guerre. Thème archives : tous types de murs, surtout Amérique Latine (lié à l’histoire de l’Espagne), exemples de murs construits autour d’un quartier pour essayer de l’isoler.

Amasser tous types d’images de murs.

 

Michel réagit sur ces propositions : pour lui, il n’y a pas de frontière s’il n’y a pas de crainte, de peur donc pas de nécessité de se protéger. Il amène l’idée du désert.

Débat possible, différentes manières de regarder. D’où je regarde ? A partir d’où je parle de ça ?

 

Norvège : La question de départ qu’ils se sont posés : Quelles images peuvent réunir tous les partenaires du projet dedans comme dehors ?

Premier pas de l’homme sur la Lune : personne ici n’en n’a jamais fait l’expérience donc ce thème place tout le monde sur un pied d’égalité. Frontière mais laisse beaucoup de possibilités comme l’utiliser comme métaphore. Le premier pas sur la Lune pourrait être une métaphore pour les grands choix, les grands sauts qu’on a à faire dans la vie.

 

Italie : au début du projet, pas de démarrage de film. Donc ils n’en sont pas encore au stade du choix des thèmes de travail pour la constitution des archives. Il s’agit encore d’une étape d’apprentissage technique principalement.

Ils veulent travailler avec des images de chiens en laisse : la frontière ils ne la voient pas mais ils la vivent puisque ne peuvent pas aller au delà.

 

Allemagne : projet acteur film, groupe adulte de l’école qui vient en prison, lyric clips, clips rap. Frontières au sens de limites qu’ils vivent. Aussi groupe de jeunes « en danger » : thèmes ouverts « dedans dehors », « frontières ».



Réunion le 08/12/09 - Débriefing


 

 

Important à faire maintenant : fiches techniques


1. Pour l’événement de 2011 pour l’ensemble du projet, nous avons besoin de fiches synthétiques sur ce que les partenaires veulent montrer, ce qu’ils veulent faire et de ce dont ils ont besoin. Le but est d’avoir une vision globale afin de demander l’argent nécessaire à Marseille Capitale et de régler toutes les questions de lieux et de technique avec la Friche. Il faut donc commencer à y réfléchir dès maintenant.

2. Le projet commun : important d’avoir une ou deux vidéo-lettres allemandes aussi parce que les vidéo-lettres sont une des choses qu’il faut montrer, et il faut réfléchir à comment le montrer en 2011 ?

3. Quels types de table ronde ? Nous avons besoin de les inventer. Donc une autre fiche sur les propositions de table ronde. Quels types d’évènements politiques vous voulez ? Qu’est ce qui est important ?

 

Nous devons imaginer quels types de présentation des œuvres et « work in progress » chaque pays va proposer. Nous devons avoir ces éléments en juin 2010 au plus tard (pour la réservation précise des salles).

Nouvelle question pour partager ensemble : la question de la communication. Pas seulement comment allons nous communiquer dans chaque pays mais comment allons nous communiquer ensemble, de manière plus globale ?

Il faut réfléchir à ça par équipe dans chaque pays puis ensuite prévoir une mobilité uniquement pour discuter de la question de la communication d’ensemble, et de l’identité du projet. Organiser une procédure de communication pour bien prendre en compte toutes les précautions protocolaires avec les institutions (logo, etc.). Il faut valider ensemble, pour chaque pays, une communication et ne plus en changer sauf très rares exceptions. Il faut garder une ligne de conduite précise en matière de communication. Nous allons donc poser ça ensemble, la procédure, la communication, et ensuite valider ça ensemble.

Pour le moment, communication papier, presse, institution et public.

Pour les textes, il faut des présentations de l’identité de chacun des partenaires.

Ensuite, une communication globale sur Frontières.

 

Financement de la communication, nous allons solliciter Marseille Capitale. Et aussi Culture Coopération, une partie financement pour de la communication (site).

 

Les questions de production des Spectateurs

 

Le processus de production des Spectateurs peut se dérouler selon deux hypothèses :

  • Avec le programme « Culture et Coopération » (réponse en avril 2010)
  • Sans le programme « Culture et Coopération »

 

Lieux Fictifs propose d’être producteur délégué (lui seul étant responsable vis-à-vis de l’INA de l’utilisation et de l’exploitation des archives) parce que Lieux Fictifs est lié par  contrat avec l’INA. Donc deux étapes : un contrat entre INA et Lieux Fictifs et ensuite un contrat entre Lieux Fictifs et chaque partenaire (qui deviennent tous des coproducteurs).

 

Etre producteur délégué : être responsable de mener jusqu’au bout le projet des spectateurs, vis à vis des partenaires financiers (INA, etc.)

Etre coproducteur : participer avec d'autres producteurs à la production d'un film.

Chacun des partenaires s'engage aux cotés de Lieux Fictifs pour mener à bien la production des courts métrages réalisés à base d'archives. Lieux Fictifs apporte la coordination de la production, les droits d'exploitation des archives et la diffusion à Marseille en 2013. Le coproducteur apporte son organisation et les moyens techniques, les salaires et les droits d'exploitation du cinéaste/vidéaste intervenant et la participation et les droits d'exploitation des co-auteurs (personnes incarcérées ou participants du dehors). La part de copropriété du ou des films est répartie en fonction des apports de chacun des coproducteurs.

 

Cette responsabilité oblige Lieux Fictifs à garantir l’ensemble des droits dans la production des œuvres. Dans la partie développement jusqu’en avril 2010, en attente de la réponse de « Culture et Coopération », nous faisons seulement du développement et pas de la production.

 

Phase de production, sans « Culture et Coopération », nous devrons discuter comment faire sans ce financement, quels types de solutions trouver. Lieux Fictifs et l’ensemble des partenaires devront se mobiliser pour trouver d’autres solutions de financement.

 

L’INA est partenaire dans le cadre du partenariat éducatif Grundtvig « Education, cinéma et archives » sur l’utilisation de l’archive dans des processus de travail, comme les « works in progress ».

Mais nous ne sommes pas dans un système d’exploitation des archives dont la création d’un film serait la finalité. La création d’un film comme finalité du processus nécessitera la signature d’un autre contrat avec l’INA. Dans ce cas, il ne s’agira plus de processus de travail mais d’une production d’œuvres à diffuser, d’où la nécessité d’un contrat de coproduction avec chaque partenaire précisant les droits d’exploitation prévus.

 

 

Grundtvig : projet pédagogique, éducatif.

Bien sûr, ça nous aide à construire un film, puisque ça nous donne les moyens de mener le processus.

 

Avec « Culture et Coopération », nous aurons les moyens de faire plusieurs films. Donc nous aurons besoin d’un nouveau contrat avec l’INA pour avoir les droits d’exploitation des archives pour des installations vidéo, des projections, des diffusions internet, etc.

Donc l’INA sera coproducteur à ce niveau du projet puisque c’est comme s’ils amenaient de l’argent, L’INA apportera ces droits et la somme qu’ils représentent dans la coproduction.

Nous faisons les films, nous avons les droits pour des diffusions dans le contexte pédagogique, exploitation non commerciale. Mais si nous voulons les mener dans un système d’exploitation, nous devons ensuite envoyer ces films au service juridique de l’INA qui fait une étude, propose un tarif (coproduction) et ensuite nouvelle contractualisation.

Aussi bien pour des raisons politiques et artistiques, nous avons établi cela :

Pour les droits d’exploitation des « works in progress » il est nécessaire de les demander dans les temps pour contractualiser avec l’INA. Un exemple : un partenaire veut montrer en 2011, 3 films qui montrent le « work in progress ». Il les donne à Lieux Fictifs qui vérifie avec l’INA le montant des droits et contractualise pour pouvoir diffuser. Mais il faut prévoir un délai suffisant pour pouvoir contractualiser.

 

IL EST TRES IMPORTANT DE SOULIGNER QU’UN REFUS DE L’INA NE SERAIT LIE QU’A DES QUESTIONS DE DROIT MAIS JAMAIS A L’UTILISATION QUI EST FAITE DES ARCHIVES : C’EST LA PREMIERE FOIS QUE L’INA DONNE CARTE BLANCHE POUR FAIRE DES UTILISATIONS DE CE FOND D’IMAGES D’ARCHIVES DANS LE CADRE D’ATELIERS PARTICIPATIFS, AVEC DES DETOURNEMENTS, ETC. C’EST DONC UNE GRANDE OPPORTUNITE D’AVOIR CETTE LIBERTE DE TRAVAIL SUR L’ARCHIVE, SANS ENCADREMENT AUTRE QUE LA QUESTION DES DROITS.

 

 

1er Rétro-planning :

 

Les délais :

Avant le 15 janvier : pour envoyer les propositions d’images pour le corpus d’archives à commander à INA puis une réunion collective via Skype.

15 janvier : décision collective de la commande

 

Novembre 2009 : Démarrage de l’atelier du spectateur du dehors (Lycée Mistral) en France

Février 2010 : Démarrage de l’atelier du spectateur en Norvège. Fin de la réalisation des films pour WSOC : mai 2010.

Mars 2010 : Démarrage de l’atelier du spectateur dans la prison, en France.

 

Allemagne : Date de démarrage de l’atelier du spectateur à préciser

Espagne : Date de démarrage à préciser (début d’année, mais quand précisément ?)

Italie : Date de démarrage à préciser

 

 

NB : Si nécessaire, pour aider les partenaires dans les recherches, Pierre Poncelet peut faire des recherches pour eux.

 

 


 

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