Mi-avril, une nouvelle personne a rejoint l’atelier. Cela fut l’occasion pour chacun de refaire un point de présentation.
Nous avons débuté cette nouvelle session avec une réflexion autour du son au cinéma. Nous avons travaillé sur les quatre entités sonores que l’on trouve en cinéma :
_Le bruit
_Les dialogues
_La musique
_Le silence
Nous avons insisté sur le fait que comme l’image, le son porte toujours des intentions.
Pour creuser ces questions, nous leur avons proposé de réaliser leur portrait en son.
Comme point de départ de cet exercice nous sommes partis d’un texte extrait du livre de Yasmina Khadra « Ce que le jour doit à la nuit » :
« Comment se reconnaître au milieu de tant d’ombres, de tant de spectres, de tant de titans ?... Qui sommes-nous au juste ? Ce que nous avons été ou bien ce que nous aurions aimé être ? Le tort que nous avons causé ou bien celui que nous avons subi ? Les rendez-vous ratés ou les rencontres fortuites qui ont dévié le cours de notre destin ? Les coulisses qui nous ont préservés de la vanité ou bien les feux de la rampe qui nous ont servis de bûcher ?
Nous sommes tout cela en même temps, toute la vie qui a été la nôtre, avec ses hauts et ses bas, ses prouesses et ses vicissitudes ; nous sommes aussi l’ensemble des fantômes qui nous hantent… Nous sommes plusieurs personnages en un, si convaincants dans les différents rôles que nous avons assumés qu’il nous est impossible de savoir lequel nous avons été vraiment, lequel nous sommes devenus, lequel nous survivra . »
Ces questions autour de l’identité ont suscité beaucoup de réactions. Selon eux ce texte pose la question du moi, du nous, mais aussi de la prison.
Voici les pistes que nous avons lancées pour l’exercice sonore :
Commencé par écrire un texte ayant pour sujets l’identité : Qui je suis ? Le nous (idée de communauté) : Qui nous sommes ? La prison : D’où je parle ?
Comment traduire le texte en son ? Différentes solutions existent.
De la plus simple : enregistrer la lecture du texte, à la plus compliquée : utiliser des bruits, de la musique et /ou le son des archives pour retranscrire les mots du texte en son.
Voici le résultat de ce travail:
Cet exercice leur a permis d’expérimenter concrètement l’importance que le son pourra jouer dans leur futur court-métrage.
Ainsi ils pourront prendre en compte ces questions dès les débuts de l’écriture de leur projet, qu’ils commencent à élaborer concrètement.
Pour alimenter leur réflexion, nous leur avons présenté différents documents dont le film de William Karel « Opération Lune ». Ce film est un canular sous forme de documentaire réalisé en 2002. Il a fait l'objet d'une émission spéciale avec la chaîne de télévision Arte pour le 1er avril 2004.
Nous souhaitions leur diffuser ce film pour désamorcer la question du vrai et du faux qui entoure les images de la conquête de la lune. Ensemble nous avons analysé quelques séquences clés du film.
Nous leur avons également présenté les courts-métrages de Gérardo et Kamel pour qu’ils aient un premier exemple de travail composé d’images d’archives et réalisé dans le cadre de l’atelier des spectateurs à T.V.B.
Après ces quelques exemples, les duos ce sont constitués et les projets de films ont pu être lancés.
Nous vous en ferons part lors de notre prochain compte rendu.